domingo, abril 16, 2006

Joëlle Aubron. Uma morte silenciada.


Joëlle Aubron morreu no início de Março sem que, aqui em Portugal, nada fosse referido. Ninguém o soube e, convenientemente ao sistema prisional francês (dos mais violentos da Europa), o silêncio faz-se sentir à volta de Joëlle, uma militante da Action Directe, que foi acusada juntamente com Nathalie Ménigon, Jean-Marc Rouillan, Régis Schleischer e Georges Cipriani, de vários atentados nos anos 70 e 80. Morreu de cancro, aos 46 anos, sem as ajudas que a situação exigia. Cumpriu 17 anos de uma pena de prisão perpétua e de duras condições prisionais que passavam por períodos de isolamento desumano. Por fim, atingiu a liberdade.
Tenho, pessoalmente, a sensação de que não fiz tudo ao meu alcance para dar a conhecer estes casos. Publicámos o «Odeio as Manhãs» de Jean-Marc Rouillan em que este descreve ao pormenor o sistema prisional que mata «cientificamente» os que se opõem ao estado, mas nunca conseguimos contactá-lo pelas omnipresentes «razões de segurança». Acresce uma questão que não queremos deixar de colocar hoje, nem que seja para nos lembrármos de Joëlle: em que situação se encontra Nathalie Ménigon extremamente debilitada já em 2002? Qual o estado físico e mental de Georges Cipriani? E de Jean-Marc Rouillan? E de Régis Schleischer?
ALC

A notícia da sua morte pelo L'Humanité foi assim:

Joëlle Aubron morte en liberté surveillée.
Action directe . La benjamine d’AD est décédée des suites de son cancer, avant-hier. Ses anciens camarades sont toujours en prison.
Joëlle Aubron est morte, il y a deux jours, à l’âge de quarante-six ans, des suites de son cancer du cerveau. La benjamine du groupe Action directe (AD) était dans un service de soins palliatifs parisien depuis trois semaines. En juin 2004, elle avait bénéficié d’une suspension de peine alors que son pronostic vital était engagé à «
six mois », selon les médecins. « Jusqu’au bout, dans ses derniers moments de lucidité, Joëlle n’a cessé de rappeler le sort de ses camarades encore en prison », explique Alain Pojolat, membre du collectif Ne laissons pas faire. Et de rappeler cette phrase « restée en travers de la gorge » de Pascal Clément en janvier dernier : « Quand j’entends que d’anciens terroristes non repentis font leurs courses sur les marchés, alors qu’ils étaient, disait-on, à l’article de la mort... cela m’est insupportable. »
Avec Nathalie Ménigon, Jean-Marc Rouillan et Georges Cripriani, Joëlle Aubron avait été condamnée à perpétuité, avec une peine de sûreté de dix-huit ans, pour les meurtres, commis au nom de « l’anti-impérialisme », de Georges Besse et du général Audran. « C’est le tragique itinéraire d’une enfant issue d’un milieu bourgeois.

Elle vient d’une époque particulière, marquée par un bouillonnement révolutionnaire et utopique qui, chez certains, va aller au bout d’une logique folle », explique Catherine Vieu-Charrier, élue communiste et une des premières politiques à s’être préoccupées du sort des anciens d’AD. « Nous condamnons sans ambiguïté leurs actes, mais pourquoi leur demander leur repentir à eux quand on ne le fait pas pour Papon ou les anciens de l’OAS ? » questionne l’élue.
Reste le combat de demain, celui de la libération des autres membres qui continuent de vivre derrière les barreaux alors qu’ils peuvent accéder à une conditionnelle, que la justice leur refuse, depuis un an. Cela alors que l’état de santé de Nathalie Ménigon reste précaire après deux accidents cérébraux. Une pétition en ce sens a recueilli, le 21 février dernier (lire l’Humanité du même jour), près de 2 000 signatures.
S. B.

Enviar um comentário